Les bonus des traders peuvent représenter jusqu’à six fois leur rémunération fixe. A partir de 2011, une telle « prime » ne sera plus possible car les méthodes de calcul de ce ratio seront fixées au niveau européen par l’Autorité bancaire européenne. A l’heure où les inégalités explosent, un peu de décence dans le milieu financier sera la bienvenue.
Le Parlement européen a su mettre la pression pour se doter de ces nouvelles règles d’encadrement des rémunérations des traders et des dirigeants des banques. Pour Pascal Canfin d’Europe Ecologie qui a négocié ce texte au nom du groupe des Verts/ALE au sein de la commission Affaires économiques et monétaires, cette régulation est « la plus ambitieuse du monde » : « En limitant la part de la rémunération variable dans la rémunération totale, explique-t-il, ce texte va enfin mettre fin aux bonus extravagants synonymes de risques extravagants. »
Ce texte introduit également des mesures spécifiques concernant les banques qui continuent de bénéficier d’un soutien public : les dirigeants siégeant au conseil d’administration de ces établissements financiers ne pourront plus toucher de rémunération variable sans justifications valables. Ces dispositions pourraient avoir des conséquences concrètes dès l’année prochaine. François Pérol par exemple, le président du directoire de BPCE (le deuxième groupe bancaire français), pourrait voir sa rémunération variable (jusqu’à 1,1 millions d’euros) être remise en cause.